|
Les
bouleversements dûs à la prédation
Depuis l'arrivée du loup en 1992, les troupeaux, à
l'extérieur près de 8 mois sur 12 sont à
chaque instant en péril. Presque tous les éleveurs
du département sont aujourd'hui concernés par
la prédation du loup ou du lynx : que ce soit les
éleveurs transhumants (attaqués uniquement durant
la saison estivale), les éleveurs locaux du massif du
Mercantour (attaqués toute l'année) ou les éleveurs
des Préalpes de Grasse (nouvellement touchés).
|
| |
Les dégâts prennent plusieurs formes |
| |
Depuis 10 ans, leurs pratiques ont été fortement
modifiées, ils n'ont plus de répit et les conditions
de pratique de leur métier sont devenues très difficiles
En plus des brebis tuées et constatées (1152
en 2001 pour un montant de 1 356 535 F), le loup est responsable
de bien d'autres pertes et dégâts que l'administration
ne reconnaît pas. Il s'agit : |
Source : Pays
des Alpes Maritimes
|
|
|
| |
Des brebis disparues et dont on ne retrouve jamais le cadavre
(chute dans des ravins inaccessibles, transportées pour être
mangées par le prédateur), ou alors trop tard pour
rendre possible une identification. |
| |
Des répercussions sur le travail de sélection
effectué sur le troupeau au cours des années, qui
à chaque perte est remis en cause, d'autant plus si elle
intervient à l'agnelage. |
| |
Du stress subi par les animaux qui se traduit par un mauvais
état général, des avortements, des pertes de
poids, etc. |
| |
Du temps perdu à chercher les brebis mortes ou affolées
(au risque d'une nouvelle attaque
), celui passé à
soigner les blessées, etc. |
| |
Du temps passé à participer à des réunions
d'information, etc. |
| |
Des investissements faits pour tenter de protéger le
troupeau : construction d'abris, de cabanes et équipements
de celles-ci, achat de chiens et de leur nourriture. |
|
| |
Les dégâts sont aussi écologiques. Des quartiers
entiers sont abandonnés : trop dangereux pour les animaux depuis
l'arrivée du loup!
A l'inverse, d'autres quartiers s'érodent : les allers et retours
incessants aux parcs de nuit mettant à nus le sol. Le migon (déjection
ovine) quant à lui s'accumule dans les parcs, polluant ces zones.
|
| |
Enfin il y a d'autres dégâts qui peuvent moins se mesurer
: les conséquences sur la vie privée et familiale des
éleveurs.
La première chose à déplorer, c'est cette omniprésence
dans toutes les conversations, dans toutes les pensées, du loup.
Alors que d'autres éleveurs parleraient de leurs bêtes, des
prochaines foires agricoles, du temps qu'il va faire, ici, c'est toujours
lui qui est là, ne laissant aucun répit aux bergers. Les
hommes n'ont plus une vie normale. En dehors de la garde de leurs
bêtes : ni congés, ni fêtes familiales, ni loisirs,
ni repos. Lorsque parfois, ils s'aventurent en ville, la peur au ventre,
pour faire quelques courses indispensables, certains osent encore le leur
reprocher
Ainsi, on a pu lire le 8 juillet 2002 dans Nice Matin :
" dans plus de 90% des attaques recensées, il n'y avait aucune
présence humaine à proximité du troupeau ".
Les éleveurs eux, savent bien que le loup attaque n'importe quand,
il connaît bien maintenant les hommes et il s'est rendu compte qu'avec
leur simple bâton ils ne sont pas une menace pour lui ! |
| |
| Les épouses et les mères des éleveurs subissent
aussi les contre coup des attaques. Privées de leur époux,
de leur fils, lorsqu'elles peuvent les voir, ils sont épuisés,
déprimés ou manquant de sommeil. |
| |
| Enfin, les pères des éleveurs qui ont travaillé
dur, avec fierté et ont légué un beau troupeau à
leurs fils, voient aujourd'hui ce labeur anéanti. Leur métier
autrefois sacré est dévalorisé et calomnié
à tout va dans les médias. |
| (Pour d’autres informations, vous pouvez également consulter
ce site) |
| |
Face à ce fléau, quels ont été
et quels sont les moyens utilisés ou proposés
aux éleveurs pour défendre leur troupeau ?
Tout d'abord, il faut savoir que l'Etat avec le concours de
l'Europe, avait mis en place depuis 1996, un programme d'indemnisations
et de subventions aux éleveurs touchés par la
prédation : le programme LIFE Loup qui a été
renouvelé et a pris fin en décembre 2003. |
| |
| Lorsque un éleveur est situé dans une zone
où la présence du loup est avérée,
il peut faire constater ses victimes par un agent assermenté
et être indemnisé si le fait du loup est confirmé.
Ce système d'indemnisation se poursuit actuellement. |
| |
| Trois grands moyens de prévention ont été en parallèle
mis en uvre par le programme. D'autres mesures plus anecdotiques
ont également été testées ou mises en place,
pour plus de détails nous vous conseillons de consulter directement
le site du programme life : www.loup.environnement.gouv.fr |
| |
| Toutefois nous avons essayé de vous résumer
ici brièvement de quoi il s'agissait. Chacun de ces
moyens, si l'éleveur le demandait, faisait l'objet
d'une subvention tout ou partie. |
| |
Source : Pays
des Alpes Maritimes
|
|
La présence de ces chiens à l'intérieur
du troupeau doit permettre de dissuader les attaques de prédateurs.
Les chiens sont principalement de race " Maremme-Abruzzes
" et " Montagne des Pyrénées "
mais il existe également d'autre race comme le " Berger
d'Anatolie ". Ils sont généralement appelés
Patous.
Aujourd'hui dans les Alpes Maritimes on estime à environ
150 le nombre de ses chiens. De nombreux éleveurs situés
en zone à loups les utilisent. Leur relative efficacité
est reconnue par une majorité de propriétaire. Cependant
un certain nombre de problèmes non négligeables demeurent.
(Témoignage) |
|
| |
| Des parcs de regroupements nocturnes des troupeaux ont été
financés. Ces parcs sont généralement constitués
de filets mobiles ou de fils électriques alimentés par des
électrificateurs photovoltaïque. |
| |
|
Dans les Alpes Maritimes, 17 alpages et/ou parcours
ont été équipés en 2002.
Il faut savoir que sur un même alpage, plusieurs
quartiers doivent en général être équipés
de ce genre de parcs en fonction des déplacements
du troupeau.
Les parcs facilitent le regroupement néanmoins là aussi les conséquences
sur les animaux et l'écosystème ne sont pas anodines. Dans l'enceinte
de ces parcs, les déjections des animaux s'accumulent : les risques de
piétin augmentent en cas de mauvais temps, la flore perd de sa biodiversité et
que penser encore de leur impact paysager ? On pourrait aussi parler des allers
et venus des brebis qui érodent chaque jour un peu plus les drailles
|
|
| |
L'
"aide-berger LIFE" a pour rôle de participer
au renforcement de la surveillance du troupeau pour soulager
le travail du berger. L'éleveur pouvait jusqu'à
présent bénéficier de 3 à 4 mois
d'embauche au SMIC.
En moyenne 75 mois ont été subventionnés
par an dans les Alpes Maritimes ces trois dernières
années.
Les difficultés principales de cette mesure a été
sa mise en uvre : recevoir de l'argent c'est bien mais
recruter une personne compétente et de confiance, vivre
avec elle 24h/24h dans une cabane de quelques m², la
nourrir, faire l'avance de son salaire, etc
c'est une
autre histoire.
Nous venons donc de voir que dans les Alpes Maritimes, les
éleveurs doivent faire face à la prédation
12 mois sur 12, sur des pâturages souvent très
escarpés et mal équipés. Le loup y est
donc particulièrement difficile à gérer
Consciente du travail déjà accompli mais aussi
du lourd passé du département, l'APPAM a choisi
d'apporter des solutions d'une manière nouvelle : |
|
|
En faisant participer activement les éleveurs
à la prise de décisions, à l'organisation
et à la gestion des actions. |
|
|
En répondant à un besoin de personnel
toute l'année et pas seulement pendant 4 mois
ainsi qu'à un besoin de dynamisation du secteur
dans le but de créer des vocations durables et
solides. |
|
|
En ne détachant pas complètement les
problèmes de prédation des autres thématiques
de la filière
|
|
|